Le Bac S est-il bradé ? (lu dans Phosphore)
"Promis, je ne pose pas cette question perfide par dépit de n'avoir pas réussi à être admise en série scientifique. La preuve, même l'éducation nationale juge ce baccalauréat "suspect" car trop facile à obtenir - elle vient de charger son Inspection générale d'un rapport sur le sujet, c'est dire. Certains enseignants seraient déroutés de voir leurs élèves les plus moyens décrocher une mention à ce bac. Le recteur de l'académie de Versailles estime dans Le Figaro que "le bac S est devenu l'un des bacs les plus faciles à obtenir". Les chiffres semblent lui donner raison car, en 2006, le bac S a connu un taux de réussite record : 89,1% des candidats reçus, contre 84,3% en ES et 83,2% en L. C'est aussi le bac qui recueille le plus de mentions bien et très bien. La réalité est plus complexe. Déjà, le bac S n'a presque plus de scientifique que le nom puisque le nombre d'heures de maths a diminué, quand les matières littéraires ont pris de l'importance. Les épreuves ont aussi évolué et sont plus experimentales, bref, le super bac S est devenu le bac le plus généraliste... Que l'on peut décrocher grâce aux coefficients cummulés des matières non-scientifiques. D'ailleurs, à peine la moitié des élèves ont le niveau en sciences. Et encore moins se tournent ensuite vers des études scientifiques. Le bac S ne serait donc pas bradé... Mais vidé de sa substantifique moelle. Ouf, pas de regrets à avoir."
Sandrine Pouverreau